2015

PP 2015-06
Environmental Impacts of the French Final Consumption
Laurent Meunier – Frédéric Gilbert – Eric Vidalenc
Résumé
Afin de lutter contre le changement climatique, des objectifs ambitieux ont été fixés, comme la division par 4 des émissions de GES en 2050 par rapport à 1990. Cependant, en se concentrant sur les émissions territoriales, les émissions incluses dans les biens importés sont négligées. Or, si les émissions territoriales de la France ont diminué depuis 1990, plusieurs études montrent que les émissions liées à la consommation ont augmenté. C’est pourquoi ce sont les émissions à la consommation qui sont considérées dans ce papier. De plus, l’analyse présentée considère d’autres impacts environnementaux: acidification de l’air, eutrophisation et production de déchets industriels non-dangereux. La contribution de cette recherche est de 3 ordres. Premièrement, nous affinons les résultats d’une précédente étude. Deuxièmement, un scénario de consommation finale des ménages conduisant à une réduction des impacts environnementaux est construit. Enfin, les conditions mathématiques de validité des résultats de notre analyse ont été étudiées en profondeur.
PP 2015-05
L’information préventive améliore-t-elle la perception des risques majeurs? Impact de l’Information Acquéreur Locataire sur le prix des logements
Amélie Mauroux
Résumé
Cette étude évalue l’impact de l’obligation « d’information acquéreur locataire » (IAL) sur les prix immobiliers et sur la perception des risques naturels des habitants des zones exposées. La date de mise oeuvre de l’obligation d’IAL, le 1er juin 2006, est utilisée comme un choc exogène sur l’information des acheteurs immobiliers quant à l’exposition aux risques des logements. Un modèle de prix hédoniques en différence de différences est estimé sur une base de données unique croisant les transactions immobilières en 2006 issues de bases notariales et la cartographie des zonages règlementés exposés aux risques des Plans de Prévention des Risques Naturels. Les communes dans le périmètre de l’étude sont toutes soumises à un seul Plan de Prévention des Risques portant sur les inondations. Cette étude porte donc uniquement sur l’application de l’IAL pour le risque inondation. Les résultats indiquent que la mise en place de l’IAL a accru la proportion de ménages informés, ce qui s’est traduit, toutes choses égales par ailleurs dans les communes soumises à un Plan de Prévention des Risques Inondations (PPRi), par une baisse des prix au mètre carré de certains des biens soumis à l’IAL par rapport à des biens similaires mais en dehors du périmètre des PPRi. C’est le cas notamment des appartements en rez-de-chaussée ou situés dans une commune touchée par une catastrophe naturelle l’année précédant la vente.
La mise en place de l’obligation d’IAL a également réduit la probabilité de vendre à des personnes ne résidant pas sur le lieu d’achat, et donc vraisemblablement moins bien informées auparavant.
PP 2015-04
The Long Run Impact of Biofuels on Food Prices
Publié dans The Scandinavian Journal of Economics (2017), 119(3), 733-767.
Ujjayant Chakravorty – Marie-Hélène Hubert – Michel Moreaux – Linda Nostbakken
Résumé
Plus de 40% du maïs US est maintenant utilisé pour produire des biocarburants qui servent de substitut à l’essence dans les transports. On a reproché aux biocarburants d’avoir provoqué des hausses des prix des biens alimentaires et de nombreuses études ont montré que les politiques énergétiques des Etats-Unis et de l’Union Européenne ont eu un impact important (30 – 60 %) sur les prix de ces biens. Dans cet article, nous utilisons un modèle d’équilibre partiel pour montrer que les effets de demande (la croissance de la population, une plus grande appétence pour la viande et les produits laitiers induite par la croissance des revenus, au détriment des céréales) jouent un rôle aussi important dans la hausse des prix des biens alimentaires que les politiques pro-biocarburant. Nous spécifions un modèle ricardien dans lequel les terres sont de qualités différentes et nous trouvons qu’on devrait s’attendre à une extension significative des terres exploitées, ce qui permettra probablement une hausse modérée des prix des biens alimentaires. Cependant la plus grande consommation de biocarburants peut causer un accroissement des émissions de carbone à l’échelon mondial du aux fuites de consommation de pétrole vers les pays sans politique pro-biocarburant, permise par des prix du pétrole plus bas et aux conversions à la culture de pâturages et de forêts.
PP 2015-03
Cross-commuting and housing prices in a polycentric modeling of cities
Vincent Viguié
Résumé
Cependant, comment en pratique mettre en place de telles stratégies reste à l’heure actuelle relativement peu clair. Une des raisons vient du fait que, bien que l’on sache que la structure spatiale des villes a des conséquences importantes sur les trajets effectués par les habitants, on est encore loin d’avoir une bonne compréhension du lien entre les deux. Un exemple emblématique est l’incapacité des approches économiques usuelles à expliquer les trajets et les choix de localisation des ménages dans une ville polycentrique. Dans cette étude, nous introduisons une nouvelle manière de représenter ces choix dans le formalisme standard de l’économie urbaine, en modélisant explicitement les coûts de déménagement et les imperfections de marché empêchant les ménages de trouver un logement correspondant de manière parfaite à leurs attentes. En prenant l’aire urbaine de Paris comme cas d’étude, nous montrons que cette nouvelle modélisation, malgré sa simplicité, permet de reproduire les caractéristiques principales de l’agglomération en termes de répartition de la population, de niveaux des loyers, et de choix de déplacements des habitants. Une validation sur la période 1900/2010 montre également que le modèle représente les principaux déterminants de l’évolution de la structure de la ville sur cette période, suggérant ainsi que celui-ci peut être utilisé comme outil d’aide à la décision et d’analyse de politiques publiques.
PP 2015-02
Quel mode de soutien pour les énergies renouvelables électriques ?
Publié dans Revue Française d’Economie (2015), XXX(4), 105-140.
Philippe Quirion
Résumé
Si la plupart des pays développés et émergents soutiennent les énergies renouvelables dans le secteur électrique, ils le font de manière différente. Les trois principaux modes de soutien existant sont les tarifs d’achat garantis, les primes et les quotas combinés à des certificats verts. Nous fournissons une synthèse de la littérature économique portant sur la comparaison de ces modes de soutien. Nous concluons que les quotas souffrent de nombreuses faiblesses par rapport aux deux autres modes de soutien : mauvais réaction à l’incertitude, risque important pour les financeurs qui accroît le coût des projets, coûts de transaction plus élevés. Tarifs et primes présentent chacun des avantages et inconvénients, et il n’est pas évident que le passage des premiers aux seconds, en cours en Allemagne et en France, soit justifié. Enfin, au-delà du choix de principe quant au mode de soutien, de nombreux arbitrages concrets sont tout aussi importants, comm e le financement de ce soutien et sa différenciation entre segments de marché, nécessaire pour limiter les rentes mais potentiellement source d’inefficacités.
PP 2015-01
Global Sensitivity Analysis of an Energy-Economy Model of the Residential Building Sector
Publié dans Environmental Modelling & Software (2015), 70, 45-54.
Frédéric Branger – Louis-Gaëtan Giraudet – Céline Guivarch – Philippe Quirion
Résumé
Cet article présente les résultats d’analyse de sensibilité de Res-IRF, un modèle hybride de demande d’énergie pour le chauffage dans le parc de logements français. Res-IRF a été conçu dans le but d’améliorer la description des comportements de demande d’énergie. Les différents leviers de la demande d’énergie – la quantité d’investissements dans l’efficacité énergétique, la qualité de ces investissements et le comportement d’utilisation de l’énergie par les occupants – sont dissociés et déterminés de façon endogène. Le modèle prend également en compte les barrières connues à la diffusion de l’efficacité énergétique : l’hétérogénéité des préférences des consommateurs, les problèmes d’incitation entre propriétaires et locataires, et l’inertie de la diffusion de l’information. La pertinence de ces choix de modélisation est évaluée grâce à la méthode de Morris, qui permet d’explorer l’incertitude du modèle en couvrant l’ensemble de l’espace paramétrique. L’analyse de sensibilité révèle que le paramètre auquel le modèle est le plus sensible est le prix de l’énergie. Le modèle est également sensible aux facteurs paramétrant les différents leviers de la demande d’énergie. En comparaison, l’influence des paramètres représentant les barrières à l’efficacité énergétique est faible. Ces conclusions confirment l’intérêt du modèle et soulignent l’importance du comportement des occupants comme priorité pour la recherche empirique.
2015

PP 2015-06
Environmental Impacts of the French Final Consumption
Laurent Meunier – Frédéric Gilbert – Eric Vidalenc
Résumé
In order to fight against climate change, ambitious targets have been set, such as decreasing carbon emissions by 75% in France compared to 1990. Yet, focusing on territorial impacts leads to overlook import-embedded impacts. As a matter of fact, French territorial greenhouse gases (henceforth GHG) emissions have slightly decreased since 1990, whereas consumption-based emissions have been shown to increase. This is why we focus in this paper on consumption-based emissions rather than territorial emissions. Moreover, our analysis is not carbon-emissions focused. Indeed, the following environmental impacts are taken into account: air acidification, photochemical oxidation and non-dangerous industrial wastes. This a first contribution. Secondly, we build a scenario of French households final consumption in 2030 aiming at decreasing its environmental impacts. Finally, a deep matrix algebra analysis gives us precious hints on the reliability of the results.
PP 2015-05
L’information préventive améliore-t-elle la perception des risques majeurs ? Impact de l’Information Acquéreur Locataire sur le prix des logements
Amélie Mauroux
Résumé
This article evaluates the impact of a seller’s disclosure, the ”Information Acquéreur Locataire” (IAL), on the housing prices and natural risk perception in at-risk areas. The date of implementation of the IAL, June the 1st 2006, as an exogenous shock on the buyers’ information on risk exposure of the housing units. A difference-in-differences hedonic price model is estimated on an unique database merging notary data on individual transactions in 2006 and the maps of the at-risk regulated areas. The results suggest that the implementation of the IAL increased the share of informed buyers : every else hold equal, in towns under a PPRi the price of some housing units under IAL decreased compared to the price of similar units located outside the at-risk regulated perimeters. It is the case for apartments on the first floor or in towns hit by a natural disaster the year before the sale. The implementation of the IAL also decreased the probability that, after June 2006, at-risk individual houses were sold to buyers living in another town and thus less likely to be informed on the local natural risk exposure.
PP 2015-04
The Long Run Impact of Biofuels on Food Prices
Publié dans The Scandinavian Journal of Economics (2017), 119(3), 733-767.
Ujjayant Chakravorty – Marie-Hélène Hubert – Michel Moreaux – Linda Nostbakken
Résumé
More than 40% of US corn is now used to produce biofuels, which are used as substitutes for gasoline in transportation. Biofuels have been blamed universally for past increases in world food prices, and many studies have shown that these energy mandates in the US and EU may have a large (30-60%) impact on food prices. In this paper, we use a partial equilibrium framework to show that demand-side effects – in the form of population growth and income-driven preferences for meat and dairy products rather than cereals – may play as much of a role in raising food prices as biofuel policy. By specifying a Ricardian model with differential land quality, we find that a significant amount of new land will be converted to farming, which is likely to cause a modest increase in food prices. However, biofuels may increase aggregate world carbon emissions, due to leakage from lower oil prices and conversion of pasture and forest land for farming.
PP 2015-03
Cross-commuting and housing prices in a polycentric modeling of cities
Vincent Viguié
Résumé
Long term strategies, relying on city planning and travel demand management, are essential if deep GHG reduction ambitions are to be achieved in urban transport sector. However, how to precisely design such strategies remains unclear. Indeed, whereas there is a broad consensus that urban spatial structure is a key determinant in explaining travel pattern generation, the mechanisms are not yet fully understood. Especially, the interplay between commuting and localization choices leading to cross commuting in a polycentric city remains an open question, and cannot be easily explained using existing urban economics frameworks. In this study, we introduce a novel urban economic framework, fully micro-economic based, which describes land prices, population distribution and commuting travel choices in a polycentric city, with jobs locations exogenously given. It relies on the modeling of moving costs and market imperfections, especially housing-search imperfections. Using Paris as a case study, we show how this model, when adequately calibrated, reproduces available data on the internal structure of the city (rents, population densities, travel choices). A validation over the 1900-2010 period also shows that the model captures the main determinants of city shape evolution over this time. This suggests that this tool can be used to inform policy decisions.
PP 2015-02
Quel mode de soutien pour les énergies renouvelables électriques ?
Publié dans Revue Française d’Economie (2015), XXX(4), 105-140.
Philippe Quirion
Résumé
While most developed and emergent countries support renewable energies in the power sector, they do so in a different manner. The three main existing support systems are feed-in-tariffs, feed-in-premiums and tradable renewable quotas. We provide a survey of the literature which compares these support systems. We conclude that tradable renewable quotas suffer from many weaknesses compared to the other two: bad reaction to uncertainty, important risk for funders which increases investment cost, higher transaction costs. Both feed-in-tariffs and premiums have pros and cons and there is little evidence that the transition from the former to the latter, currently occurring in Germany and France, is justified. Finally, beyond the choice between tariff and premium, many concrete choices are at least as important such as the way to finance the support and the differentiation between market segments, necessary to limit the rents but potentially a source of inefficiency.
PP 2015-01
Global Sensitivity Analysis of an Energy-Economy Model of the Residential Building Sector
Publié dans Environmental Modelling & Software (2015), 70, 45-54.
Frédéric Branger – Louis-Gaëtan Giraudet – Céline Guivarch – Philippe Quirion
Résumé
In this paper, we discuss the results of a sensitivity analysis of Res-IRF, an energy-economy model of the demand for space heating in French dwellings. Res-IRF has been developed for the purpose of increasing behavioral detail in the modeling of energy demand. The different drivers of energy demand, namely the extensive margin of energy efficiency investment, the intensive one and building occupants’ behavior are disaggregated and determined endogenously. The model also represents the established barriers to the diffusion of energy efficiency: heterogeneity of consumer preferences, landlord-tenant split incentives and slow diffusion of information. The relevance of these modeling assumptions is assessed through the Morris method of sensitivity analysis, which allows for the exploration of uncertainty over the whole input space. We find that the Res-IRF model is most sensitive to energy prices. It is also found to be quite sensitive to the factors parameterizing the di fferent drivers of energy demand. In contrast, inputs mimicking barriers to energy efficiency have been found to have little influence. These conclusions build confidence in the accuracy of the model and highlight occupants’ behavior as a priority area for future empirical research.











