2018

WP 2018.21 Prix FAERE 2018 (ex aequo) du meilleur article de jeunes économistes
The impacts of energy prices on industrial foreign investment location: evidence from global firm level data

Aurélien Saussay – Misato Sato

Abstract
Cet article analyse le rôle des prix de l’énergie dans les décisions d’implantation des investissements des entreprises dans le secteur manufacturier. S’appuyant sur l’application de la théorie du choix discret au problème de l’implantation des entreprises, nous spécifions un modèle logit conditionnel liant les investissements directs étrangers bilatéraux (IDE) aux prix relatifs de l’énergie. Nous testons ensuite empiriquement ce lien à l’aide d’un ensemble de données globales de transactions M&A dans le secteur manufacturier couvrant 41 pays entre 1995 et 2014, en utilisant des techniques économétriques adaptées de l’estimation des modèles de gravité. Les résultats suggèrent qu’au moment de décider d’investir, les entreprises sont attirées par les régions où les prix de l’énergie sont plus bas. Toutefois, des simulations contrefactuelles révèlent que la mise en œuvre unilatérale d’une taxe carbone de 50 $/tCO2 par diverses coalitions de pays devrait avoir un impact négatif limité sur l’attractivité des économies pour les investissements industriels étrangers. Par conséquent, nos résultats confirment l’effet de paradis de la pollution, mais ils montrent que son ampleur est limitée et qu’elle pourrait être traitée par des mesures ciblées dans les secteurs les plus énergivores.


WP 2018.20 Time Rebound Effect in Households’ Energy Use: Theory and Evidence

Kenichi Mizobuchi – Hiroaki Yamagami

Résumé
Les biens et services permettant de gagner du temps sont de plus en plus développés et diffusés. Ces biens et services augmentent le temps disponible pour les ménages et le temps gagné peut être affecté à d’autres activités consommant de l’énergie / de l’électricité. Cet article établit un modèle théorique simple et présente un mécanisme, appelé effet de rebond temporel, grâce auquel les biens permettant de gagner du temps augmentent la consommation d’énergie par des comportements des ménages. De plus, nous montrons des preuves empiriques de ce modèle en effectuant une enquête auprès des ménages japonais. Notre analyse montre notamment que l’effet de rebond temporel se produit lors de l’utilisation du lave-vaisselle, de la sécheuse ou d’un service de commande / livraison en ligne. Cependant, son impact est très faible : la consommation d’électricité supplémentaire représente au maximum 1,4% de la consommation quotidienne.


WP 2018.19
Emissions Trading with Rolling Horizons
(nouvelle version)

Simon Quemin – Raphaël Trotignon

Résumé
Nous construisons un modèle d’échange compétitif de permis d’émissions sous incertitude en présence de mécanismes de contrôle de l’offre. Les firmes peuvent utiliser des horizons de planification roulants pour gérer l’incertitude et peuvent aussi faire montre de rationalité limitée quant aux impacts des mécanismes de contrôle de l’offre. Nous incorporons à notre modèle les éléments de design clés de l’EU ETS puis le calibrons afin qu’il reproduise les développements du marché annuels observés entre 2008 et 2017. Nous trouvons qu’un horizon roulant est en mesure de réconcilier la dynamique de banking avec les taux d’escompte implicites des courbes de taux des contrats à terme. Nous évaluons la réforme du marché de 2018, décomposons les effets de ses éléments principaux et quantifions comment ils varient en fonction de l’horizon temporel et du niveau de rationalité des firmes. Nous relevons des implications importantes en termes de design et d’évaluation d’un système d’échange de permis.


WP 2018.18 Marchés internationaux de droits à polluer et taxes locales sur les biens polluants

A paraître dans L’Actualité économique – Revue d’analyse économique.

Julien Daubanes – Pierre Lasserre

Résumé
L’intérêt des marchés internationaux de droits à polluer réside dans leur potentiel à atteindre un objectif de réduction de pollution de manière efficiente. Malheureusement, la tendance des pays participants à taxer localement les biens polluants remet en cause ce potentiel. Nous proposons un modèle permettant d’examiner l’intérêt des pays participant à un marché de droits à polluer à taxer le bien qui génère la pollution. En particulier, cet intérêt dépend de la distribution initiale des droits entre les pays participants. Nous montrons comment les droits doivent être alloués aux différents pays participants de sorte à garantir l’efficience du marché. Ces allocations optimales requièrent de distribuer gratuitement une fraction suffisamment large des droits plutôt que de les mettre aux enchères.


WP 2018.17 Tax Exemptions of Ethical Products Revisited

Dina Kassab

Résumé
La Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), étant perçue comme la fourniture privée d’un bien public, permet des exonérations fiscales dans plusieurs économies. Cet article examine si ces exemptions sont justifiées, étant donné la nature de l’investissement de l’entreprise en bien public et son interdépendance avec l’investissement en bien public fourni par l’Etat, ainsi que la forme sous laquelle les taxes ou subventions devraient être imposées. Le modèle théorique considère un monopole faisant face à un continuum de consommateurs ayant des préférences hétérogènes vis-à-vis du contenu en RSE du bien privé qu’ils achètent. La consommation du bien éthique est supposée conférer un gain réputationnel qui croît à mesure que le nombre de ses acheteurs diminue. L’analyse suggère que les exonérations fiscales devraient être accordées aux activités de RSE lorsque les investissements privé et public sont substituables, une subvention ad-valorem est plus efficace dans ce cas. Par contre, lorsque les deux formes d’investissement sont complémentaires, le produit de la firme devrait être soumis à une taxe positive, à condition que la propension à payer pour les activités RSE soit suffisamment élevée. Alors qu’une taxe ad-valorem joue un rôle correctif dans le sens où elle corrige les parts relatives de l’entreprise et de l’Etat dans la provision du bien public, une taxe spécifique joue un rôle redistributeur : tout en augmentant le surplus total, elle redistribue du surplus de la firme aux consommateurs.


WP 2018.16 Foreign Demand and Greenhouse Gas Emissions: Empirical Evidence with Implications for Leakage

Geoffrey Barrows – Hélène Ollivier

Résumé
Avec des politiques climatiques asymétriques, la réglementation d’un pays peut être sapée par la croissance des émissions dans un autre. Des recherches antérieures ont montré que la réglementation érode la compétitivité des entreprises nationales et entraîne une augmentation des importations, mais que l’augmentation des importations n’entraîne pas nécessairement une augmentation des émissions si les ventes intérieures sont déterminées conjointement avec les ventes à l’exportation ou si l’intensité des émissions de la fabrication s’adapte de manière endogène à la demande étrangère. Dans le présent document, nous estimons pour la première fois comment la production et les émissions des entreprises manufacturières d’un pays réagissent aux chocs de la demande étrangère sur les marchés des partenaires commerciaux. À l’aide d’un panel de grands fabricants indiens et d’une stratégie variable instrumentale, nous constatons que la croissance de la demande étrangère entraîne une hausse des exportations, des ventes intérieures, de la production et des émissions de CO2 et une légère baisse de l’intensité des émissions. Les résultats impliquent qu’un exportateur représentatif confronté à la croissance moyenne observée de la demande étrangère sur la période 1995-2011 aurait augmenté ses émissions de CO2 de 1,39% par an en raison de la croissance de la demande étrangère, ce qui se traduit par une augmentation totale de 6,69% des émissions de CO2 du secteur industriel indien sur cette période. En décomposant la réduction de l’intensité des émissions en canaux de composants, nous trouvons certaines preuves d’effets de mélange de produits, mais nous ne parvenons pas à rejeter l’absence de tout changement technologique. Les calculs au dos de l’enveloppe indiquent qu’une réglementation environnementale qui doublerait les prix de l’énergie dans le monde entier (sauf en Inde) n’augmenterait que de 1,5 % les émissions de CO2 provenant de l’Inde. Ainsi, si les craintes de fuites sont légitimes, leur ampleur semble relativement faible dans le contexte de l’Inde.


WP 2018.15 The Role of Individual Preferences in Explaining the Energy Performance Gap

Salomé Bakaloglou – Dorothée Charlier

Résumé
L’objectif de cette recherche est de comprendre le rôle des caractéristiques socio-économiques et des préférences individuelles pour expliquer l’écart de rendement énergétique dans le secteur résidentiel. L’écart reflète la différence entre la consommation d’énergie théorique de la maison évaluée par des modèles techniques et la consommation d’énergie réelle. En utilisant le ratio des deux consommations comme mesure de l’écart, nous effectuons une régression quantile pour dégager les effets des préférences sur l’ensemble de la distribution du spectre de l’écart de performance énergétique au lieu de nous concentrer sur la moyenne conditionnelle. Par conséquent, cette recherche apporte une contribution originale : selon le sens de l’écart, nos résultats suggèrent que certains facteurs importants sont les préférences individuelles pour le confort plutôt que l’économie, expliquant jusqu’à 12% de la variabilité de l’écart, et la pauvreté. Dans un tel contexte, des mises en garde sont adressées aux autorités publiques concernant les questions de l’effet de rebond et du bien-être des ménages.


WP 2018.14 A dynamic model of recycling with endogenous technological breakthrough

A paraître dans Resource and Energy Economics.

Gilles Lafforgue – Luc Rouge

Résumé
Nous construisons un modèle de croissance dans lequel une ressource non-renouvelable, nécessaire à la production, génère des déchets après utilisation. Une fois recyclés, ces déchets constituent des matériaux de moindre qualité. Ceux-ci ne peuvent être réintroduits dans le cycle de production qu’à partir du moment où leur qualité a, grâce à une activité de R&D dédiée, atteint un niveau minimal donné. Une fois ce seuil atteint, l’économie transite vers un régime où 100% des déchets sont recyclés et où les deux types d’inputs, vierges et recyclés, deviennent des substituts parfaits. Dans ce contexte, nous caractérisons les trajectoires optimales de l’économie et nous donnons une nouvelle interprétations des conditions d’arbitrage de Keynes-Ramsey et de Hotelling. Nous identifions également les déterminants de la date (endogène) de transition et étudions la discontinuité que cette transition implique sur les différentes trajectoires optimales. Nous montrons en particulier que l’opportunité d’une technologie de recyclage mène à une surexploitation de la ressource et à de possibles baisses de la consommation avant la transition.


WP 2018.13 How shifting investment towards low-carbon sectors impacts employment: three determinants under scrutiny

Publié dans Energy Economics (2018), 75, 464-483.

Quentin Perrier – Philippe Quirion

Résumé
La menace du changement climatique exige une réorientation des investissements vers des secteurs à faible intensité de carbone, ce qui suscite de vifs débats quant à l’impact sur l’emploi. De nombreuses études existent, la plupart étant basées sur des modèles d’équilibre général calculable (EGC) ou d’entrées-sorties (IO). Toutefois, les mécanismes économiques à l’œuvre restent flous. Dans cet article, nous démêlons les canaux de création d’emplois et étudions dans quelle mesure les résultats de modèles IO, plus simples, divergent des résultats d’EGC.
En utilisant des modèles stylisés, nous montrons qu’un déplacement de l’investissement crée des emplois dans les modèles IO s’il favorise les secteurs ayant une plus grande part du travail dans la valeur ajoutée, des salaires plus bas ou un taux d’importation plus faible. Dans les modèles EGC, les deux premiers canaux créent également des emplois, mais il n’y a pas d’impact positif à cibler les secteurs à faible importation – à moins que ceux-ci n’exportent pas. Ensuite, nous menons une analyse quantitative de deux politiques : l’installation de panneaux solaires et l’isolation de bâtiments en France. Ces deux politiques ont un effet positif sur l’emploi, dans les deux modèles, en raison de la part élevée de travail et des bas salaires dans ces secteurs. Les résultats des modèles IO fournissent une bonne approximation des résultats de l’EGC pour le solaire (-14% à +34%) et sont légèrement plus élevés pour l’isolation (+22% à +87%).
Nos conclusions remettent en question l’idée que les énergies renouvelables stimulent l’emploi en réduisant les importations, mais elles suggèrent également qu’un double dividende peut être obtenu en encourageant les secteurs peu carbonés et intensifs en travail.


WP 2018.12 Competitive Advantage in the Renewable Energy Industry: Evidence from a Gravity Model

Publié dans Renewable energy (2018), 131, 472-481.

Onno Kuik – Frédéric Branger – Philippe Quirion

Résumé
Une réglementation environnementale nationale pionnière pourrait favoriser la création de nouvelles éco-industries. Ces industries pourraient bénéficier d’un avantage concurrentiel sur le marché mondial. Cet article examine les preuves empiriques de l’impact des politiques nationales favorisant les énergies renouvelables sur les résultats à l’exportation des produits liés à éolien et au solaire photovoltaïque. Nous utilisons un modèle de gravité du commerce international avec un panel équilibré de 49 pays (pour le vent) et de 40 pays (pour le PV) couvrant la période 1995-2013. La rigueur des politiques en matière d’énergies renouvelables est mesurée par les capacités installées. Notre modèle économétrique conclut à un avantage concurrentiel positivement corrélé aux politiques nationales sur les énergies renouvelables, avantage durable dans l’industrie éolienne mais bref dans l’industrie de l’énergie solaire photovoltaïque. Nous suggérons cette différence s’explique par les technologies sous-jacentes impliquées dans les deux industries.


WP 2018.11 From residential energy demand to fuel poverty: income-induced non-linearities in the reactions of households to energy price fluctuations

A paraître dans The Energy Journal.

Dorothée Charlier – Sondès Kahouli

Résumé
Dans cet article, nous proposons un modèle de régression à effet de seuil (PTR) pour tester empiriquement la sensibilité des ménages français en situation de précarité énergétique aux fluctuations des prix de l’énergie, mesurée par l’élasticité prix à la consommation d’énergie pour le chauffage. L’originalité du modèle PTR est qu’il peut prendre en compte les hétérogénéités, ou alternativement les non-linéarités, dans la réaction des ménages aux fluctuations des prix de l’énergie en fonction de leur niveau de revenu. Ces non-linéarités peuvent conduire à l’identification de différents groupes de ménages, et ces derniers sont déterminés de façon endogène en fonction du niveau de revenu. Nous comparons les résultats du modèle PTR avec ceux d’un modèle de panel de référence estimé pour deux groupes de ménages déterminés par l’indicateur conventionnel de la précarité énergétique mesuré par le ratio des 10%.
Les résultats du modèle PTR montrent que nous pouvons identifier deux groupes de ménages qui réagissent différemment aux fluctuations des prix de l’énergie, les ménages pauvres réagissant plus fortement à une variation des prix. Nous concluons que, dans le secteur résidentiel, les ménages précaires sont plus sensibles aux fluctuations des prix de l’énergie ce qui peut exacerber leur situation dans le contexte actuel de hausse constante des prix. Par conséquent, nous suggérons que les politiques publiques consacrées à l’élimination de la précarité énergétique dans le secteur résidentiel devraient cibler les ménages précaires dans un premier temps et devraient être ensuite élargies afin de lutter plus efficacement contre la précarité énergétique.


WP 2018.10 Prix FAERE 2018 (ex aequo) du meilleur article de jeunes économistes

The vertical and horizontal distributive effects of energy taxes: A case study of a French policy

Thomas Douenne

Résumé
Ce papier évalue l’impact distributif de la taxe carbone française. Il montre que la politique est régressive, mais pourrait être rendue progressive en retournant le revenu aux ménages via des transferts forfaitaires. Toutefois, la politique génèrerait encore d’importants effets distributifs horizontaux et pénaliserait une part importante des ménages à revenus modestes. Les déterminants de l’incidence de la taxe sont caractérisés précisément, et des alternatives de transferts ciblés sont simulés sur cette base. Le papier montre qu’étant donné l’importance de l’hétérogénéité non observée liée à la consommation d’énergie des ménages, les effets distributifs horizontaux sont nettement plus difficiles à palier que les effets verticaux.


WP 2018.09 The supply of non-renewable resources

Publié dans Canadian Journal of Economics (2019), 52(3), 1084-1111.

Julien Daubanes – Pierre Lasserre

Résumé
Aucune étude ne caractérise de manière formelle l’offre de ressources non renouvelables (RNRs), c’est-à-dire leur quantité produite en fonction de leur prix. Nous établissons les fonctions d’offre restreinte (à réserves données) et non-restreinte des RNRs. A chaque date et sur chaque marché, leur offre dépend non seulement du prix courant mais aussi du prix aux autres dates et sur les autres marchés. Au-delà de la loi de l’offre habituelle, qui caractérise l’effet prix propre, les effets prix croisés obéissent à leur propre loi. Ces derniers consistent en un effet substitution et en un effet compensation qui est lié au stock de ressource. Nous montrons que l’effet substitution domine toujours l’effet compensation : un accroissement du prix à une date sur un marché cause une réduction de l’offre d’une RNR aux autres dates et sur les autres marchés. Notre modèle est nouveau bien qu’il soit orthodoxe. Il tient compte non seulement de la disponibilité limitée des RNRs, mais aussi de l’hétérogénéité de leurs gisements et du fait que le développement et l’ouverture de ces derniers sont endogènes. Notre analyse étend l’analyse en équilibre partiel des politiques publiques au cas des RNRs. Ainsi, elle permet de généraliser des résultats existants quant aux effets des politiques publiques sur les marchés de RNRs.


WP 2018.08 Open space preservation in an urbanization context

Camille Régnier

Résumé
L’objectif de ce papier est d’analyser la problématique de la préservation des espaces ouverts en milieu urbain. Nous étudions la possibilité de conserver deux types d’espaces ouverts distincts : de grands espaces ouverts à la bordure des villes, et des espaces ouverts intra-urbains de petites tailles. Nous contribuons au débat sur le « land sharing vs land sparing » en milieu urbain, en analysant cette question avec des outils microéconomique en prenant en compte à la fois les préférences des ménages pour les petits espaces ouverts à proximité de leur résidence et la volonté du planificateur de préserver la biodiversité. Nous comparons les situations à l’équilibre et à l’optimum et montrons que la ville peut prendre différentes formes à l’optimum.


WP 2018.07 Energy efficiency as a credence good : A review of informational barriers to building energy savings

Louis-Gaëtan Giraudet

A paraître dans Energy Economics.
Résumé
Les problèmes d’information ont longtemps été considérés comme la principale barrière à l’efficacité énergétique. Cette revue s’intéresse à la recherche vaste mais éparse conduite sur le sujet. En se concentrant sur le secteur du bâtiment, j’organise le propos autour du concept de bien de croyance: comme celle des courses en taxi ou des prestations d’un garagiste, la qualité de l’efficacité énergétique n’est jamais révélée dans son intégralité à l’acheteur; cette caractéristique est à l’origine d’une multitude d’asymétries d’information. Ma première contribution consiste à distinguer les problèmes où l’information est symétrique des asymétries d’information. Les premiers surviennent lorsque l’information est imparfaite ou incomplète, mais partagée de façon identique par les parties contractantes ; en tant que non-défaillance de marché, ils peuvent être corrigés par le progrès techniques et des solutions assurantielles. Ma seconde contribution est de structurer la littérature sur les asymétries d’information associées à l’efficacité énergétique, en distinguant les problèmes de screening, de signal, d’aléa moral et de discrimination par les prix au sein d’une multitude de relations contractuelles impliquant des acheteurs et des vendeurs, des propriétaires et des locataires, et des prêteurs et emprunteurs. J’en conclue que l’existence d’asymétries d’information est établie de façon convaincante dans les relations entre propriétaires et locataires, de façon moins claire sur les marchés immobiliers, et façon encore plus rare dans les situations de rénovation énergétique et de financement. Je clos l’article en discutant les relations étroites qu’entretiennent les problèmes informationnels et comportementaux dans les décisions liées à l’efficacité énergétique.


WP 2018.06 Economic growth determinants in countries with blue carbon: Natural capital as a limiting factor?

Laura Recuero Virto – Denis Couvet

Résumé
Dans cet article, nous explorons les déterminants de la croissance économique dans les pays avec du carbone bleu, c’est-à-dire des pays ayant un accès ouvert à la mer et un fort potentiel d’atténuation grâce aux mangroves, afin d’analyser les effets des pressions anthropiques potentielles sur ces écosystèmes côtiers. Pour ce faire, nous utilisons un échantillon de 23 pays de différentes régions du monde pour la période 1960-2009. Alors que dans les pays avec du carbone bleu, les théories robustes de croissance sont celles néoclassiques (revenu initial et investissement dans le capital physique), la démographie, la politique macroéconomique et le capital naturel, lorsque l’on utilise un échantillon global des pays, l’investissement dans le capital physique, la politique macroéconomique et le capital naturel ne sont plus pertinents. Les conclusions sur le rôle du capital naturel dans la croissance économique concordent largement avec les résultats empiriques dans les pays «moins développés» que notre échantillon représente. En effet, il y a une part plus de deux fois inférieure du capital naturel national par habitant par rapport à un pays moyen, et une part aussi faible peut être un facteur limitant pour la croissance économique. Par ailleurs, une trop grande dépendance économique vis-à-vis du capital naturel national, presque deux fois plus élevée que dans un pays moyen, peut également avoir un impact négatif sur la croissance économique. Ces caractéristiques, ainsi que les taux de fécondité élevés dans ces pays, mettent en exergue les pressions anthropiques potentielles auxquelles peuvent être soumises les zones côtières avec du carbone bleu comme la conversion des terres pour l’agriculture ou l’aquaculture, les ruissellements, la surexploitation des ressources de carbone bleu, l’urbanisation, le versement incontrôlés des eaux usées et les travaux publics qui, à leur tour, peuvent dégrader les écosystèmes de carbone bleu. Compte tenu de ces résultats, nous suggérons le rôle des gouvernements centraux pour inciter à la protection de ces solutions basées sur la nature au niveau des décideurs locaux et des communautés ainsi que des institutions financières internationales pour soutenir financièrement de telles initiatives dans ces pays moins développés.


WP 2018.05 Energy Consumption in the French Residential Sector: How Much do Individual Preferences Matter?

A paraître dans The Energy Journal.

Salomé Bakaloglou – Dorothée Charlier

Résumé
Le but de cette recherche est de comprendre quelle part de la consommation énergétique totale peut être expliquée par les préférences individuelles dans le secteur résidentiel français. Nous utilisons un modèle discret-continu et le « conditional mixed process estimator » pour prendre en compte deux sources d’endogénéïté potentielles : le prix de l’énergie et le choix de l’équipement énergétique. Notre travail permet de mettre en évidence que les préférences pour le confort au détriment des économies d’énergie ont un impact direct et indirect sur la consommation d’énergie, plus particulièrement pour les ménages avec de hauts revenus. Préférer le confort ou fixer la température intérieure à un degré supplémentaire en hiver entraînent un surplus de consommation énergétique de respectivement 10% et 7,8% allant jusqu’à 36% pour les haut-revenus. Nos résultats renforcent le postulat que l’hétérogénéité des ménages est un facteur essentiel pour comprendre la consommation d’énergie. Finalement, cela peut avoir des implications intéressantes pour le design d’outils de politique publique visant à réduire la consommation énergétique du secteur résidentiel.


WP 2018.04 Tarification incitative et gestion des déchets ménagers : études du comportement des collectivités locales françaises

Amandine Gnonlonfin – Yusuf Kocoglu

Résumé
La tarification incitative comme outil de gestion des déchets municipaux (DMA) s’est très peu développée dans les collectivités locales françaises malgré ses avantages théoriques sur la prévention des déchets et l’augmentation du recyclage. Nous analysons les déterminants de la décision des collectivités locales françaises relative au choix de la tarification incitative en étudiant notamment l’effet de la variation du coût total net des DMA sur la probabilité d’observer la tarification incitative. Nous estimons également l’effet de la tarification incitative sur le coût total net des DMA. Nos résultats empiriques soulignent l’importance de l’arbitrage coûts bénéfices et de la diffusion de la tarification incitative dans le voisinage sur le comportement des collectivités locales. Nous montrons comment la réglementation a biaisé l’arbitrage coûts-bénéfices et en conséquence ralentit l’adoption de la tarification incitative.


WP 2018.03 The determinants of economic growth in countries with high marine biodiversity: Effects of potential anthropogenic pressures on the marine environment

Laura Recuero Virto – Denis Couvet – Frédéric Ducarme

Résumé
Dans cet article, nous explorons les déterminants de la croissance économique dans 74 pays à forte biodiversité marine pour la période 1960-2009 grâce à des méthodologies qui tiennent compte de l’incertitude dans les théories et les spécifications et de la présence de multiples régimes de croissance. Nous constatons que la théorie néoclassique (revenu), démographique, macroéconomique, du capital naturel, du fractionnement et des institutions, sont des déterminants robustes de la croissance économique dans ces pays côtiers. Ces résultats suggèrent que la capacité d’un pays à gérer la biodiversité marine est associée aux facteurs qui ont une incidence sur la croissance économique. Deuxièmement, contrairement aux échantillons de données globaux, les politiques macroéconomiques et le capital naturel sont des déterminants robustes de la croissance économique. Il y en a une abondante littérature académique sur le rôle des politiques macroéconomiques et des ressources naturelles non renouvelables dans les flux commerciaux et la croissance économique dans les pays côtiers. Ces deux facteurs, ainsi que la démographie, mettent en évidence les pressions auxquelles les zones côtières peuvent être soumises, telles que les travaux publics, la croissance démographique et l’urbanisation qui, à son tour, pourraient dégrader la biodiversité marine. Par rapport à d’autres pays, les pays côtiers à forte biodiversité marine ont des taux de fécondité et des échanges commerciaux internationaux plus élevés, une consommation gouvernementale plus importante et des dotations institutionnelles plus faibles. Troisièmement, nous constatons que l’éducation joue un rôle important dans ces pays. La convergence économique progresse avec le niveau d’éducation. De plus, l’éducation et l’investissement dans le capital physique ont un impact significatif et positif sur la croissance économique dans les pays à forte biodiversité marine. Enfin, nos résultats suggèrent que se diversifier dans des domaines situés en dehors de la richesse du capital naturel, en particulier en investissant dans l’éducation et, plus généralement, dans le capital immatériel peut accroître la croissance économique, surtout dans les pays où la biodiversité marine est très élevée. Ce changement structurel peut contribuer à décroitre la pression sur les points chauds de biodiversité marine, principalement à travers la réduction des taux de fécondité à mesure que l’éducation progresse et la diminution de la dépendance à l’égard des exportations du capital naturel à travers les zones côtières.


WP 2018.02 Do Entrepreneurship Policies Work? Evidence from 460 Start-Up Program Competitions Across the Globe

Geoffrey Barrows

Résumé
De nombreuses organisations à travers le monde mettent en œuvre des programmes conçus pour encourager l’entrepreneuriat, y compris des prix, des programmes d’accélérateurs, des incubateurs, etc. L’objectif de ces programmes est de fournir aux entrepreneurs un soutien et une visibilité dès le départ pour les aider à développer des idées et à attirer des capitaux; mais, si les marchés financiers sont efficaces, les bonnes idées devraient trouver du financement de toute façon. Dans cet article, je présente les résultats de la première étude quasi expérimentale à l’échelle mondiale sur la question de savoir si les programmes d’entrepreneuriat améliorent les résultats des jeunes entreprises. J’utilise une discontinuité de régression pour vérifier si les gagnants des concours du programme de démarrage obtiennent de meilleurs résultats ex post que les perdants ; le seuil pour gagner le concours fournit en effet une variation exogène. Avec 460 concours dans 113 pays et plus de 20 000 entreprises concurrentes, je constate que remporter un concours augmente la probabilité de survie de l’entreprise de 64 %, le montant total du financement ultérieur de 260 000 $US et le nombre total d’emplois de 47 %, et améliore aussi d’autres indicateurs de réussite de l’entreprise sur le Web. Ces résultats sont dus aux concours de taille moyenne, et sont obtenus tant dans les pays où les coûts de création d’une entreprise sont faibles que dans les pays où ces coûts sont élevés. Ces résultats donnent à penser que les frictions sur les marchés financiers interdisent effectivement la croissance des ‘jeunes pousses’ dans de nombreuses régions du monde.


WP 2018.01 Unequal vulnerability to climate change and the transmission of adverse effects through international trade

Karine Constant – Marion Davin

Résumé
Dans ce papier, nous considérons la distribution inégale des dommages liés au changement climatique dans le monde. Dans ce contexte, nous examinons comment les coûts associés à la pollution peuvent être transmis d’un pays non-vulnérable à un pays vulnérable à travers le canal du commerce international. Afin de porter notre attention sur les effets indirects des dommages, nous traitons ce sujet dans un modèle de commerce Nord-Sud avec une structure à générations imbriquées, dans lequel le Sud est vulnérable tandis que le Nord ne subit pas de dommage direct. Nous montrons que l’effet du changement climatique dans le Sud peut affecter le bien-être des agents vivant dans le Nord, à court et à long-terme. À long-terme, une hausse de la vulnérabilité du Sud peut réduire le bien-être du Nord, et ce même lorsqu’elle améliore ses termes de l’échange. À court-terme, la vulnérabilité du Sud peut représenter une source d’inéquité intergénérationnelle pour le Nord. Par conséquent, nous mettons en évidence l’intérêt économique pour les pays non-vulnérables, et à fortiori les pays peu vulnérables, de réduire les dommages liés au changement climatique dans les pays les plus sensibles.

Plus d’articles similaires

2018

WP 2018.21 2018 FAERE Prize (ex aequo)
The impacts of energy prices on industrial foreign investment location: evidence from global firm level data

Aurélien Saussay – Misato Sato

Abstract
This paper analyzes the role of energy prices in firms’ investment location decisions in the manufacturing sector. Building on the application of discrete choice theory to the firm location problem, we specify a conditional logit model linking bilateral foreign direct investment (FDI activity to relative energy prices. We then empirically test this link using a global dataset of M&A deals in the manufacturing sector covering 41 countries between 1995 and 2014, using econometric techniques adapted from the estimation of gravity models. The results suggest that upon deciding to invest, firms are attracted to regions that have lower energy prices. However, counterfactual simulations reveal that unilateral implementation of a $50/tCO2 carbon tax by various coalitions of countries is expected to have limited negative impact on the attractiveness of economies to foreign industrial investments. Hence, our results support the pollution haven effect, but find the magnitude is limited and could be addressed with targeted measures in the most energy intensive sectors.


WP 2018.20 Time Rebound Effect in Households’ Energy Use: Theory and Evidence

Kenichi Mizobuchi – Hiroaki Yamagami

Abstract
Time-saving (time-efficient) goods and services are increasingly developed and diffused. Such goods and services increase the disposable time for households, and the time saved may be allocated to other activities consuming energy/electricity. The present study sets a simple theoretical model and shows a mechanism, called the time rebound effect, with which time-saving goods increase energy consumption through household behaviors. Furthermore, we reveal empirical evidence for this model by conducting a Japanese household survey. In particular, our analysis shows that the time rebound effect occurs on using the dishwasher, clothes dryer, or a net ordering/delivery service. However, its impact is very small: the extra electricity usage is about 1.4% of the daily usage at most.


WP 2018.19
Emissions Trading with Rolling Horizons
(new version)

Simon Quemin – Raphaël Trotignon

Abstract
We build a model of competitive emissions trading under uncertainty with supply-side control. Firms can use rolling planning horizons to deal with uncertainty and can also exhibit bounded responsiveness to the control. We tailor the model to the EU ETS, calibrate it to 2008-2017 market developments and find that a rolling horizon is able to reconcile the banking dynamics with discount rates implied from futures’ yield curves. We evaluate the 2018 market reform, decompose the impacts of its main features and quantify how they hinge on the firms’ horizon and responsiveness. We highlight important implications for policy design and evaluation.


WP 2018.18 Marchés internationaux de droits à polluer et taxes locales sur les biens polluants

Forthcoming in L’Actualité économique – Revue d’analyse économique.

Julien Daubanes – Pierre Lasserre

Abstract
The interest of international markets for pollution rights lies in their potential to achieve a pollution reduction objective in an efficient manner. Unfortunately, the tendency of participating countries to tax polluting goods locally undermines this potential. We propose a model to examine the interest of countries participating in a market for rights to pollute in taxing the good that generates pollution. In particular, this interest depends on the initial distribution of rights among participating countries. We show how rights should be allocated to the different participating countries in order to ensure market efficiency. These optimal allocations require that a sufficiently large fraction of rights be distributed free of charge rather than auctioned.


WP 2018.17 Tax Exemptions of Ethical Products Revisited

Dina Kassab

Abstract
Corporate social responsibility (CSR) activities, being viewed as the corporate’s provision of a public good, enable tax exemptions in many economies. This paper examines whether these tax exemptions are justified, given the nature of interdependence between the public good provided by the firm and that provided through the government, and the form in which the exemptions – or taxes – are best imposed. In our theoretical analysis, we model a profit-maximizing firm, in a monopoly setup, in the presence of a continuum of consumers with heterogeneous preferences towards the CSR content of the private good they purchase. Consumption of the ethical product is further assumed to confer a reputational gain that increases as the pool of consumers purchasing the good narrows. The analysis suggests that tax exemptions ought to be accorded to CSR activities when private and public investments are perfect substitutes, and an ad valorem subsidy is welfare superior to a specific one. However, when the firm’s CSR investment complements the government’s provision, the firm’s product should be subject to taxes when there is a sufficiently large marginal willingness to pay for such activities. An ad valorem tax serves as a purely corrective device to balance the relative shares of the firm and the government in the public good provision whilst a specific tax redistributes surplus form the firm to consumers while increasing total welfare in the process. Conditions for optimality of each tax instrument are discussed.


WP 2018.16 Foreign Demand and Greenhouse Gas Emissions: Empirical Evidence with Implications for Leakage

Geoffrey Barrows – Hélène Ollivier

Abstract
With asymmetric climate policies, regulation in one country can be undercut by emissions growth in another. Previous research finds evidence that regulation erodes the competitiveness of domestic firms and leads to higher imports, but increased imports need not imply increased emissions if domestic sales are jointly determined with export sales or if emission intensity of manufacturing adjusts endogenously to foreign demand. In this paper, we estimate for the first time how production and emissions of manufacturing firms in one country respond to foreign demand shocks in trading partner markets. Using a panel of large Indian manufacturers and an instrumental variable strategy, we find that foreign demand growth leads to higher exports, domestic sales, production, and CO2 emissions, and slightly lower emission intensity. The results imply that a representative exporter facing the average observed foreign demand growth over the period 1995-2011 would have increased CO2 emissions by 1.39% annually as a result of foreign demand growth, which translates into 6.69% total increase in CO2 emissions from Indian manufacturing over the period. Breaking down emission intensity reduction into component channels, we find some evidence of product-mix effects, but fail to reject the null of no change in technology. Back of the envelope calculations indicate that environmental regulation that doubles energy prices world-wide (except in India) would only increase CO2 emissions from India by 1.5%. Thus, while leakage fears are legitimate, the magnitude appears fairly small in the context of India.


WP 2018.15 The Role of Individual Preferences in Explaining the Energy Performance Gap

Salomé Bakaloglou – Dorothée Charlier

Abstract
The aim of this research is to understand the role of socio-economic characteristics and individual preferences to explain the energy performance gap in the residential sector. The gap reflects the difference between theoretical energy consumption of home assessed by engineering models and real energy consumption. Using the ratio of the two consumptions as a measure of the gap, we perform a quantile regression to tease out the effects of preferences on the entire distribution of the energy performance gap spectrum instead of focusing on the conditional average. As a result, this research provides an original contribution: depending on the sense of the gap, our findings suggest that some significant drivers are individual preferences for comfort over economy, explaining until 12% of the gap variability, and poverty. In such a context, some warnings to public authorities are provided regarding the issues of rebound effect and household welfare.


WP 2018.14 A dynamic model of recycling with endogenous technological breakthrough

Forthcoming in Resource and Energy Economics.

Gilles Lafforgue – Luc Rouge

Abstract
We develop a growth model in which the use of a non-renewable resource yields waste. Recycling waste produces materials of poor quality. These materials can be reused for production only once a dedicated R&D activity has made their quality reach an exogenous minimum threshold. The economy then switches to a fully recycling regime. We refer to this switch as the technological breakthrough. We analyze the optimal trajectories of the economy and present the Ramsey Keynes and Hotelling conditions in this context. We characterize the determinants of the date of the breakthrough, which is endogenous, as well as the discontinuity in the variables’ paths that is induced by this breakthrough. We show, in particular, that the availability of a recycling technology leads to a more intense exploitation of the resource and possibly to lower levels of consumption before the breakthrough.


WP 2018.13 How shifting investment towards low-carbon sectors impacts employment: three determinants under scrutiny

Published in Energy Economics (2018), 75, 464-483.

Quentin Perrier – Philippe Quirion

Abstract
The threat of climate change requires redirecting investment towards low-carbon sectors, and this shift generates heated debates about its impact on employment. Many studies exist, most of
which use CGE or Input-Output (IO) models. However, the economic mechanisms at play remain unclear. This paper disentangles the channels of job creation and studies to what extent the results of simpler IO models diverge from CGE results. Using stylized models, we show that a shift in investment creates jobs in IO if it promotes sectors with a higher share of labour in value added, lower wages or a lower import rate. In CGE, the first two channels also yield job creation, but there is no positive impact of targeting low-imports sectors – unless these do not export.
Then we undertake a numerical analysis of two policies: the installation of solar panels and weatherization in France. Both policies have a positive effect on employment, in both models, due to the high share of labour and low wages in these sectors. IO results provide a good approximation of CGE results for solar (-14% to +34%) and are slightly higher for weatherization (+22% to +87%).
Our findings challenge the idea that renewables boost employment by reducing imports, but they also suggest that a double dividend can be achieved by encouraging low-carbon labour-intensive sectors.


WP 2018.12 Competitive Advantage in the Renewable Energy Industry: Evidence from a Gravity Model

Published in Renewable energy (2018), 131, 472-481.

Onno Kuik – Frédéric Branger – Philippe Quirion

Abstract
Pioneering domestic environmental regulation may foster the creation of new eco-industries. These industries could benefit from a competitive advantage in the global market place. This article examines empirical evidence of the impact of domestic renewable energy policies on the export performance of renewable energy products (wind and solar PV). We use a gravity model of international trade with a balanced dataset of 49 (for wind) and 40 (for PV) countries covering the period 1995-2013. The stringency of renewable energy policies are proxied by installed capacities. Our econometric model shows evidence of competitive advantage positively correlated with domestic renewable energy policies, sustained in the wind industry but brief in the solar PV industry. We suggest that the reason for the dynamic difference lies in the underlying technologies involved in the two industries.


WP 2018.11 From residential energy demand to fuel poverty : income-induced non-linearities in the reactions of households to energy price fluctuations

Forthcoming in Canadian Journal of Economics.

Dorothée Charlier – Sondès Kahouli

Abstract
In this paper, we propose a panel threshold regression (PTR) model to empirically test the sensitivity of French households to energy price fluctuations – as measured by the elasticity of residential heating energy prices – and to analyze the overlap between their income and fuel poverty profiles. The PTR model allows to test for the non-linear effect of income on the reactions of households to fluctuations in energy prices. Thus, it can identify specific regimes differing by their level of estimated price elasticities. Each regime represents an elasticity-homogeneous group of households. The number of these regimes is determined based on an endogenously PTR-fixed income threshold. Thereafter, we analyze the composition of the regimes (i.e. groups) to locate the dominant proportion of fuel-poor households and analyse their monetary poverty characteristics.
Results show that, depending on the income level, we can identify two groups of households that react differently to residential energy price fluctuations and that fuel-poor households belong mostly to the group of households with the highest elasticity. By extension, results also show that income poverty does not necessarily mean fuel poverty.
In terms of public policy, we suggest focusing on income heterogeneity by considering different groups of households separately when defining energy efficiency measures. We also suggest paying particular attention to targeting fuel-poor households by examining the overlap between fuel and income poverty.


WP 2018.10 2018 FAERE Prize (ex aequo)
The vertical and horizontal distributive effects of energy taxes: A case study of a French policy

Thomas Douenne

Abstract
This paper proposes a micro-simulation assessment of the distributional impacts of the French carbon tax. It shows that the policy is regressive, but could be made progressive by redistributing the revenue through a flat-recycling. However, it would still generate large horizontal distributive effects and harm an important share of low-income households. The determinants of the tax incidence are characterized precisely, and alternative targeted transfers are simulated on this basis. The paper shows that given the importance of unobserved heterogeneity in the determinants of energy consumption, horizontal distributive effects are much more difficult to tackle than vertical ones.


WP 2018.09 The supply of non-renewable resources

Published in Canadian Journal of Economics (2019), 52(3), 1084-1111.

Julien Daubanes – Pierre Lasserre

Abstract
There exists no formal treatment of non-renewable resource (NRR) supply, systematically deriving quantity as function of price. We establish instantaneous restricted (fixed reserves) and unrestricted NRR supply functions. The supply of a NRR at any date and location depends not only on the local contemporary price of the resource but also on prices at all other dates and locations. Besides the usual law of supply, which characterizes the own-price effect, cross-price effects have their own law. They can be decomposed into a substitution effect and a stock compensation effect. We show that the substitution effect always dominates: A price increaseat some point in space and time causes NRR supply to decrease at all other points.
Our new—although orthodox—setting takes into account not only NRR supply limitations, but also the heterogeneity of NRR deposits, and the endogeneity of their development and opening. Our analysis extends to NRRs the partial-equilibrium analysis of demand and supply policies. Thereby, it provides a generalization of results about policy-induced changes on NRR markets.


WP 2018.08 Open space preservation in an urbanization context

Camille Régnier

Abstract
The objective of this paper is to address the question of open space preservation in an urbanization context. We study the possibility of preserving two different types of open spaces, large open spaces at cities’ outskirt and small intra-urban open spaces. Thus we contribute to the debate of land sharing versus land sparing in a urban context. We analyze these questions by way of a theoretical microeconomics framework taking into account both households’ preferences for open space and regulator’s interest for the preservation of ecosystem services. We compare land use patterns at private equilibrium and when the social planner maximizes social welfare.


WP 2018.07 Energy efficiency as a credence good : A review of informational barriers to building energy savings

Forthcoming in Energy Economics.

Louis-Gaëtan Giraudet

Abstract
Information problems have early been suspected to be the main barrier to energy-efficiency investment. I review the vast yet piecemeal research that has been carried out since. Focusing on energy efficiency in buildings, I organize the review around the concept of credence good: just like that of auto repairs or taxi rides, the quality of energy-efficiency measures is never fully revealed to the buyer; as a result, it is subject to multiple information asymmetries. My first contribution is to distinguish symmetric-information problems from information asymmetries. The former arise when information is either incomplete or imperfect, but equally shared by contracting parties; as non-market failures, these can be addressed by technological progress and insurance markets. My second contribution is to give structure to the information asymmetries associated with energy efficiency by disentangling screening, signalling, moral hazard and price discrimination within a variety of contractual relationships involving buyers and sellers, owners and renters, and borrowers and lenders. I find evidence of information asymmetries to be compelling in landlord-tenant relationships, unclear in real estate markets, and scarce in retrofit contracting and financing. I conclude by discussing the intricacies between informational and behavioural problems in energy-efficiency decisions.


WP 2018.06 Economic growth determinants in countries with blue carbon: Natural capital as a limiting factor?

Laura Recuero Virto – Denis Couvet

Abstract
In this paper, we explore the determinants of economic growth in countries with blue carbon, i.e. countries with open access to the sea and high mangrove mitigation potential, to explore the effects of potential anthropogenic pressures on these coastal ecosystems. For this purpose, we build a data set with 23 countries with blue carbon across different regions in the world for the period 1960-2009. We estimate the augmented Solow model including new growth theories, under a Bayesian moving average methodology that accounts for uncertainty. We find evidence that the neoclassical theory (the initial income and the investment in physical capital variables) as well as the demography, the macroeconomic policy and the natural capital theories are the robust determinants of economic growth in countries with blue carbon. In contrast, the investment in physical capital variable, and the macroeconomic policy and the natural capital theories are not relevant when using a worldwide sample of countries. Our contribution is twofold. Firstly, natural capital exploitation, together with the high fertility rates in countries with blue carbon, highlight the potential anthropogenic pressures that coastal areas with blue carbon can be subject to such as land conversion for agriculture or aquaculture, farming run-offs, over-exploitation of blue carbon resources, urbanization, uncontrolled sewage and public works which, in turn, can degrade blue carbon ecosystems. Given these findings, we highlight the role of central governments to provide incentives for the protection of these nature-based solutions at the level of local policy makers and communities, and of international financial institutions to provide financial support for such initiatives in the developing countries that are represented in our data set. Secondly, our results on the role of natural capital on economic growth is largely consistent with the findings in the empirical literature on the economic growth determinants in developing countries. Indeed, compared to an average country the value of national natural capital per capita is reduced by more than half and there is evidence in the empirical literature that this is limiting factor for economic growth. In addition, there is also empirical evidence that a too strong economic dependence on national natural capital, almost two times higher than in an average country in our case, has a negative impact on economic growth.


WP 2018.05 Energy Consumption in the French Residential Sector: How Much do Individual Preferences Matter?

A paraître dans The Energy Journal.

Salomé Bakaloglou – Dorothée Charlier

Abstract
The aim of this research is to understand the weight of preference heterogeneity in explaining energy consumption in French homes. Using a discrete-continuous model and the conditional mixed-process estimator (CMP) allows us to tackle two potential endogeneities in residential energy consumption: energy prices and the choice of equipment. As a major contribution, we provide evidence that preferences for comfort over energy savings do have significant direct and indirect impacts on energy consumption, especially for high-income households. Preferring comfort over economy or one additional degree of heating implies an average energy overconsumption of 10% and 7.8% respectively, up to 36% for high-income households. Our results strengthen the belief that household heterogeneity is a substantial factor in explaining energy consumption and could have meaningful implications for the design of public policy tools aimed at reducing energy consumption in the residential sector.


WP 2018.04 Tarification incitative et gestion des déchets ménagers : études du comportement des collectivités locales françaises

Amandine Gnonlonfin – Yusuf Kocoglu

Abstract
Although the evidence of the incentive-based pricing effectiveness to reduce the production of Municipal Solid Waste (MSW) and to increase the recycling, its adoption in France has been barely developed over the two last decades. This paper analyses the determinants of incentivebased pricing adoption by French local governments. We investigate the effect of the MSW management cost on the decision of the local government in two ways. First we estimate the effect of the variation of the MSW management total cost on the probability to observe an incentive-based pricing and second, we estimate the effect of the incentive-based pricing on the MSW management total cost. Results highlight that the decision of the local government is subjected to the cost-benefit analysis and the decision of neighboring local governments. Further, results show that the French regulation has skewed the cost-benefit analysis of local government and consequently has slow down incentive-based pricing adoption.


WP 2018.03 The determinants of economic growth in countries with high marine biodiversity: Effects of potential anthropogenic pressures on the marine environment

Laura Recuero Virto – Denis Couvet – Frédéric Ducarme

Abstract
In this paper, we explore the economic growth determinants in 74 countries with high marine biodiversity for the period 1960-2009 through methodologies that take into account theory and specification uncertainty and the presence of multiple growth regimes. We find, firstly, that neoclassical (income), demography, macroeconomic policy, natural capital, fractionalisation and institutions theories are robust determinants of economic growth in these coastal countries. These results suggest that a country’s capacity to deal with marine biodiversity is associated with factors that impact economic growth. Secondly, in contrast with worldwide data sets, macroeconomic policies and natural capital are additional robust determinants of economic growth. There is strong historical evidence on the role of macroeconomic policies and non-renewable natural resources in trade flows and economic growth in coastal countries. Both factors, together with demography, highlight the pressures that coastal areas can be subject to such as construction and public works, population growth and urbanisation which, in turn, may degrade marine biodiversity. In fact, compared to other countries, coastal countries with high marine biodiversity have higher fertility rates, higher international trade exchanges, greater government consumption and lower institutional endowments. Thirdly, we find that education plays an important role in these countries. The rate of economic convergence increases with the level of education. Moreover, education and investment in physical capital have a significant and positive impact on economic growth in countries with very high levels of marine biodiversity. All together, our results suggest that diversifying away from natural capital wealth by investing in education and, more generally, in intangible capital can enhance economic growth, particularly in countries with very high levels of marine biodiversity. In turn, this structural change can contribute to remove pressure from marine biodiversity hotspots, mainly through lower fertility rates as education increases and lower dependence on natural capital exports via coastal areas.


WP 2018.02 Do Entrepreneurship Policies Work? Evidence from 460 Start-Up Program Competitions Across the Globe

Geoffrey Barrows

Abstract
Many organizations around the world implement programs designed to encourage entrepreneurship, including grant prize awards, accelerator programs, incubators, etc. The goal of these programs is to supply entrepreneurs with early-stage support and visibility to help develop ideas and attract capital; but, if capital markets are efficient, good business ideas should find funding anyways. In this paper, I present evidence from the first global-scale, quasi-experimental study of whether entrepreneurship programs improve outcomes for start-up firms. I employ a regression discontinuity design to test whether winners of start-up program competitions perform better ex-post than losers, where the threshold rank for winning the competition provides exogenous variation in program participation. With 460 competitions across 113 countries and over 20,000 competing firms, I find that winning a competitions increases the probability of firm survival by 64%, the total amount of follow-on financing by $260,000 USD, and total employment by 47%, as well as other web-based metrics of firm success. Impacts are driven by medium-size prize competitions, and are precisely estimated both in countries where the costs of starting a business are low and where these costs are high. These results suggest that capital market frictions indeed prohibit start-up growth in many parts of the world.


WP 2018.01 Unequal vulnerability to climate change and the transmission of adverse effects through international trade

Karine Constant – Marion Davin

Abstract
In this paper, we consider the unequal distribution of climate change damages in the world
and we examine how the underlying costs can spread from a vulnerable to a non-vulnerable country through international trade. To focus on such indirect effects, we treat this topic in a North-South trade overlapping generations model in which the South is vulnerable to the damages entailed by global pollution while the North is not. We show that the impact of climate change in the South can be a source of welfare loss for northern consumers, in both the short and the long run. In the long run, an increase in the South’s vulnerability can reduce the welfare in the North economy even in the case in which it improves its terms of trade. In the short run, the South’s vulnerability can also represent a source of intergenerational inequity in the North. Therefore, we emphasize the strong economic incentives for non-vulnerable -and a fortiori less-vulnerable – economies to reduce the climate change damages on – more – vulnerable countries.

Working Papers

Plus d’articles similaires